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    Blason de Guilers

    D’azur à la croix d’or chargée en cœur d’un lion morné de sable , formant quatre cantons chargés ; aux premier et troisième, d’un aigle d’argent ; aux second et quatrième, de trois annelets d’argent,.

    Ecu timbré d’une couronne ducale, soutenu de deux lévriers de sable au collier d’argent, posé sur un listel d’or chargé de la devise en lettres de sable : "Persévérance et hardiesse".

    - Les aigles proviennent des armes de Mesnoalet et les annelets de celles de Penancoët de Keroual et de Jouhan de Kermerrien. La croix rappelle la stèle christiannisée de Kroaz-Teo, le monument visible le plus ancien de la commune.
    - Le lion, symbolisant notre région de Léon, a sa place au cœur de l’écu.
    - L’azur se retrouve sur les blasons de Keroual, de Mesnoalet et des Talec du Stivel
    - L’or est présent sur les blasons de Mesnoalet, du Stivel et de Kermerrien.
    - L’argent se voit sur les blasons de Keroual, Coat-ti-bescond et Kermerrien.
    - Les supports sont les lévriers de la famille Silguy de Coat-ti-bescond.
    - La couronne ducale rappelle la duchesse de Portsmouth et d’Aubigny, Louise Penancoët de Keroual.
    - La devise "Persévérance et hardiesse" reprend celle des Silguy : "Passe hardiment".

    Le blason de GUILERS a été conçu par Monsieur Claude FAGNEN, Directeur Départemental des Archives, puis réétudié par Monsieur SCHUTZ, peintre en lettres à Guilers.

    Il a été approuvé, à différentes reprises par le Conseil Municipal et dans sa forme définitive par délibération en date du 22 octobre 1987.

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    Eglise Saint-Valentin

    L’église paroissiale, dédiée à Saint Valentin, présente une forme de croix latine et des parties hétérogènes dont les plus anciennes remontent au XVème siècle.

    L’église se trouve au centre d’un petit enclos paroissial dont l’entrée porte une jolie piéta (Notre-Dame de Pitié) en kersanton du XVIème siècle. La porte extérieure du porche, caractéristique de la Renaissance bretonne et millésimée 1601, est en pierre dorée de Logonna. L’intérieur du porche est décoré d’une frise montrant l’écusson des Penancoët et d’une sculpture médiévale représentant un joueur de flûte réalisée par le charpentier Alan Floc. La partie supérieure, anéantie lors des combats de 1944 pour la Libération de Brest, a été reconstruite en 1958 lors de la restauration de l’église.

    Le patronage de Saint-Valentin, patron des amoureux, attesté dès le XVIème siècle, est peu courant en Bretagne. Prêtre romain et martyr, Saint-Valentin a été décapité en 273 et enterré le long de la Via Flaminia. Sa statue porte les attributs d’évêque car ce prêtre est souvent confondu avec l’évêque Valentin de Terni, fêté le même jour.

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    Chapelle St Fiacre

    propriété privée

    L’oratoire du XVIème s., tout en bois, existe depuis au moins 1567. Il est à l’intérieur de la chapelle actuelle (1937). L’édifice est bâti sur une source "sacrée" qui alimente un lavoir (cote 2 de l’Inventaire du Patrimoine de la CUB).

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    Château de Keroual

    (texte rédigé en déc. 2004 par Madame de Nazelles, petite-fille du baron Georges Didelot, 79 ans)

    Madame de Keroual, la mère de Louise, était née Ploeuc. Elle appartenait à une très vieille famille des Côtes d’Armor dont le dernier héritier a été tué à la guerre de 1914-1918. Madame de Keroual est morte pendant l’hiver 1714-1715. Elle avait eu trois enfants : un fils, mort à Brest à l’âge de 22 ans, qui était enseigne de vaisseau, et deux filles : Louise, et une autre dont descendent les Bourbon-Lignères.

    C’est Louise de Keroual, l’aînée, favorite de Charles II d’Angleterre, créée par lui duchesse de Portsmouth, qui hérita de Keroual. Elle le vendit le 14 août 1715 à Mr Crozat, marquis du Châtel, un financier qui avait des intérêts dans l’intendance maritime. Il a acheté Keroual pour avoir un pied-à-terre près de Brest. Avec des chevaux, Keroual était à une heure du centre de Brest.

    À la Révolution, Keroual a été vendu, comme « bien de la couronne », et non comme bien national, à un franc-maçon : Mr Borgnis-Desbordes. Celui-ci avait une fille unique, Mme Legros. Mr Legros avait été le sénéchal de Vannes. Le ménage Legros a eu quatre enfants : une fille non mariée, une autre devenue Mme Bérubé, un fils lieutenant de vaisseau et un autre enfant.

    À la mort de Mme Legros, c’est sa fille célibataire qui a repris Keroual. Mr et Mme Bérubé ont fait construire le corps central de Kervaly, une grande maison carrée sur les terres de Kerlidien, en 1850. Après Melle Legros, Keroual est passé à son neveu, Mr Nicolas-Hippolyte de Kersauzon de Penandreff, notaire à Brest [et qui fut maire de Guilers de1874 à 1886].

    Mme Bérubé est morte jeune, en laissant des enfants mineurs, et Mr Bérubé a vendu Kervaly en 1873 à l’amiral Didelot, qui était depuis deux ans préfet maritime de Brest.

    Par la suite, Mr de Kersauzon est mort en laissant cinq enfants mineurs, et l’amiral Didelot a acheté également Keroual à sa succession [à ses héritiers] en 1886. Quatre mois après avoir acheté Keroual, il est mort le 27 septembre 1886. Il laissait quatre enfants : trois fils, et une fille qui devait devenir Mme Cavelier de Cuverville. Keroual est alors passé à son second fils, qui devait devenir l’amiral Carl Didelot, et qui ne l’a jamais habité.

    À la mort de la veuve de l’amiral Didelot, née Eugénie de la Hubaudière (fille du général de la Hubaudière) en avril 1915, Mme de Cuverville a racheté Keroual à son frère, l’amiral Carl Didelot, et elle y a passé tous les étés jusqu’à sa mort, le 4 juillet 1940. Elle était la veuve du capitaine de frégate Armand de Cuverville, attaché naval à St Petersbourg de 1902 à 1904. À la fin de son séjour à St Petersbourg, la guerre russo-japonaise a éclaté. Il a été envoyé en mission, comme observateur étranger, à Port-Arthur, et il a été assassiné en mer de Chine par des Chinois en août 1904. À la mort de Mme de Cuverville, Keroual est passé à son dernier frère, le capitaine de vaisseau Georges Didelot. Keroual a été réquisitionné par les occupants allemands en septembre 1940, pour y mettre de la troupe à l’abri des bombardements anglais. C’était des hommes de troupe et pas des officiers, parce qu’il n’y avait pas l’eau courante et qu’il fallait aller en chercher à la citerne, près du logement du jardinier, logement que, par la suite, Mr Cortellari a transformé en chambres pour les artistes de passage à Brest. Au premier étage de Keroual, il y avait une enfilade de trois salons ; les deux premiers avaient des plafonds peints par un artiste local. Le plus grand était décoré d’une représentation mythologique où l’on voyait Louise de Keroual en Diane. Les soldats Allemands ont démonté le plancher du grenier, au-dessus. Ils marchaient donc directement sur le bois des plafonds, et ils ont mis leurs lessives à sécher au-dessus. Ils ont jeté toute la vaisselle par les fenêtres. Pour finir, en 1944, lors du siège de Brest, le commandant de la « poche » de Brest, le général Ramcke, a pris Keroual comme refuge.

    Keroual n’a jamais été bombardé, comme on le dit trop souvent. Les occupants y ont mis sciemment le feu avant de l’évacuer. D’ailleurs, on a retrouvé un bûcher préparé pour le feu dans le grenier d’une ferme du voisinage, qu’ils n’avaient pas eu le temps d’allumer. Les architectes ont été formels : Keroual a été détruit à 60 % par un feu allumé à l’intérieur du bâtiment.

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    Château de Kervaly

    (texte rédigé en déc. 2004 par Madame de Nazelles, petite-fille du baron Georges Didelot, 79 ans)

    L’amiral Didelot avait acheté Kervaly en 1873. Pour installer sa bibliothèque, l’amiral Didelot a fait rajouter deux pavillons, un de chaque coté du bâtiment central : l’un pour la bibliothèque et l’autre pour équilibrer. Quand il a pris sa retraite, il a été élu conseiller général du canton d’Ouessant.

    Par pure coïncidence, son père, le premier baron Didelot, avait été le premier préfet du Finistère en 1799. En arrivant à Quimper, celui-ci avait trouvé deux guillotines installées dans le département : une place du château à Brest, et l’autre sur le parvis de la cathédrale de Quimper. Il les a faites démonter toutes les deux, d’autant plus que son père (qui était « régisseur général des Aydes » au moment de la Révolution) avait été guillotiné à Paris, avec Lavoisier.

    À la mort de l’amiral Didelot, en septembre 1886, Kervaly est passé à son dernier fils, qui devait devenir le capitaine de vaisseau Georges Didelot et était alors élève à l’École Navale.

    Le capitaine de vaisseau Didelot et sa famille passaient tous les étés à Kervaly et y ont passé tout l’hiver 1939-1940.

    Kervaly a été réquisitionné en avril 1941. Il y avait un robinet d’eau de citerne dans l’arrière-cuisine. Kervaly a été réquisitionné pour abriter des officiers Allemands des bombardements de Brest. Un officier qui parlait français avait dit à Madame Didelot : « Nous vous rendrons votre maison avec le confort moderne, bien mieux qu’elle ne l’est maintenant ». Ils ont bien installé le chauffage central mais, un soir, ils ont fait une grande beuverie avec des femmes de Brest. Ils ont trop chargé la chaudière à charbon, qui a pris feu, et tout s’est enflammé. Il ne restait plus que des pans de murs calcinés. Comme Kervaly est à flan de coteau, l’incendie s’est vu depuis Brest.

    Le jardinier était resté, mais un membre de la résistance était passé peu après la réquisition et avait prévenu que Kervaly était signalé comme étant un repaire d’Allemands, que cela risquait d’être bombardé, et que c’était dangereux pour les Français d’y rester.

    Au moment de la réquisition, un Allemand a dit au capitaine de vaisseau Didelot : « Vous Breton ? ». Le capitaine de vaisseau s’est redressé et a répondu sèchement : « Non, Lorrain ! ». La famille Didelot est effectivement originaire de Lorraine, mais il n’avait jamais mis les pieds en Lorraine. Les Allemands cherchaient à détacher la Bretagne de la France en s’appuyant sur les autonomistes.

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    Croas Livet

    L’originalité bretonne apparaît avec le calvaire. On peut dater cette croix en kersanton de la fin du XVème siècle. La structure du calvaire peut être décomposée en trois parties : une base, un fût et une croix terminale. De part et d’autre de la Crucifixion, sont placés des témoins du martyre du Christ. Le noeud est orné de personnages finement ciselés : aux angles, Marie-Madeleine avec son pot à parfum, Saint-Jean, un personnage agenouillé, les mains jointes et un personnage en chasuble faisant le geste de l’argumenteur.

    Ce calvaire a connu différents noms : Kroaz livet (la croix colorée ou peinte) en 1544, la croix de Gouzivit (du nom des parcelles avoisinantes) en 1791, Croaslan en 1888 et Croaz Land en 1911. Croaslan est sans doute une déformation de Kroaz hent (le carrefour).

    Le monument est sous la responsabilité de la commune depuis le testament en date du 7 avril 1874 de Sieur Jean Marie Mailloux. La commune a accepté le legs le 4 mars 1883, mais à condition que l’entretien du placître soit à la charge de l’hospice.

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    Croas Téo

    De facture classique, la stèle christianisée de Croas-Teo, la Croix-Epaisse, tire son nom du volume de la stèle elle-même qui sert de base à la croix. Chacune des branches de Kroaz teo porte une petite croix gravée dans un cercle, un peu à la manière des croix celtiques. Pour beaucoup, les croix muettes ont été taillées dans des blocs de granit existants, monolithes plus ou moins anciens réutilisés, que l’on s’est empressé de christianiser en raison du paganisme qu’on leur prêtait. Il s’agit ici d’une stèle gauloise datant de l’Age du Fer ; on en rencontre beaucoup dans le Bas-Léon. Celle de Kermengleuz a été christianisée, ce qui a sans doute permis sa conservation.

    Kroaz teo se trouvait en premier lieu le long de la route nommée "bali Penfel", l’actuelle rue Charles de Gaulle. Elle a été transportée en avril 1862 sur la Plaine, au nord de l’église, suite à l’élargissement de la "bali Penfel". Enfin, en 1950, elle a été transplantée à la place que nous lui connaissons, à l’entrée de Kermengleuz.

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    Maison Saint Albert

    La maison St Albert a été construite en 1874 grâce à un legs de Alexandre Lemonnier, qui fut maire de Brest de décembre 1870 à mai 1871, et qui est décédé en 1873. Par testament, une somme de 40.000 F de l’époque était donnée à la commune de Guilers, à charge pour celle-ci de construire, meubler et entretenir un « asile » portant le nom de « Saint-Albert » et destiné à recevoir « quelques vieux cultivateurs indigents », qui devra porter le nom de Saint-Albert, et qui sera édifié sur un terrain donné gratuitement à la commune par son épouse, Aline Riverieulx. Le 11 juin 1874, l’ « Hospice de Guilers » était créé. Il était tenu par des hommes, mais sa gestion fut assurée par des religieuses de Saint-Jacut jusqu’au 31 mars 1966, date à laquelle les religieuses furent rappelées par leur congrégation. L’hospice fut alors supprimé et les biens mobiliers et immobiliers affectés au C.H.R. de Brest (1967). En 1971, ce que l’on appelait alors la « Maison de retraite » hébergeait encore 23 pensionnaires. Mais, pour des raisons diverses (sécurité, coût de remises aux normes,…), en octobre 1984, la maison St Albert a été rétrocédée à la commune qui l’a réaménagée en foyer pour personnes âgées.

    Source : Philippe Bodin, "Racines et Patrimoine"

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